• Séverine C.

"JE PROMETS" : poème "coup de gueule" sur ces deux années covid


Un jour, un « quelque chose » s’est passé.

Nous avons vu depuis porte-paroles et ministres défiler,

Nous édictant chaque jour quelle conduite adopter,

En funeste écho au nombre de morts ou de contaminés.


J’ai été affolée dans mon humanité.


Nous sommes devenus socialement distanciés,

Dans la rue pétris de peur nous nous sommes écartés,

Prenant chacun de nos semblables pour un danger,

Derrière nos masques jetables retranchés.


J’ai craint pour mon humanité.


Dans les médias toutes sortes de personnages se sont montrés,

Posés en experts dans un domaine dédié,

S’arrogeant le droit de pointer, fustiger ou balayer

Toute forme de pensée à la leur éloignée.


J’ai douté dans mon humanité.


Après les avoir sur nos balcons acclamés,

Nous avons fermé les yeux lorsqu’ils se sont fait « remercier »,

Infirmiers, soignants ou pompiers,

Pour seule faute de ne pas se faire vacciner.


J’ai eu honte à mon humanité.


Certains d’entre nous ont été déchus de leur citoyenneté

Par des potentats ouvertement outranciers,

Opposant et clivant dans un dédain non dissimulé

Ce qu’ils désignent comme étant le « bon » et le « mauvais » Français.


J’ai été révoltée dans mon humanité.


Liberté, santé et sécurité ont été faussement mêlées.

Certains parmi nous implorant le libre-arbitre ou le choix délibéré,

D'autres revendiquant le droit à profiter, voyager ou consommer.

Le bon sens s'en est finalement allé.


J'ai senti un bouleversement dans mon humanité.


« Nous sommes en guerre » avait-il déclaré.

Il est vrai que nos valeurs ont été bombardées,

Le temple de notre altruisme assiégé,

L’étendard de notre lumière piétiné.


"Dans quelle époque suis-je né ?",

Mon Cœur s’est-il bien souvent demandé.

Ainsi, de ce combat par eux seuls décidé,

Pour simple arme ma foi en l’Homme j’opposerai.


Je promets qu’à compter de ce jour, je serai rempli(e) d’Humanité.


Séverine Camus - février 2022